La première récolte.

C’est tout confiants que nous nous sommes avancés vers la ponction.

Nous savions que nous aurions droit à un « freeze all », et, très sincèrement, j’avais anticipé les éventuels échecs de transfert quelques cycles plus tard, les éventuelles fausses couches, les embryons qui pouvaient être tous atteints… mais je voyais la ponction comme une formalité qui venait clôturer ce premier protocole.

Anesthésie locale avec une équipe au top, très bonne gestion de la douleur de la part de soignants vigilants à ce que « les patientes ne gardent pas un mauvais souvenir de la ponction, pour qu’elles n’appréhendent pas le geste si elles doivent recommencer un prochain protocole.».

Mon ovaire gauche est placé très haut et peu accessible, la gynéco parvient pourtant à ponctionner sur chaque ovaire et je repars en chambre rassurée, l’étape me semble franchie.

Recueil de sperme simultané pour l’homme.

Une fois déperfusée, nous sommes invités à patienter dans une pièce avec d’autres couples. Il s’agit d’attendre que l’anesth, la sage-femme, la gynéco et la biologiste passent faire leur compte-rendu à chacuns.

Pour la confidentialité, on repassera, impossible de ne pas entendre le palmarès ovocytaire de chacune. Les autres femmes ont toutes un transfert frais prévu dans les jours qui viennent.

Quand vient notre tour, changement d’ambiance. La gynéco qui a pratiqué l’intervention nous demande de la rejoindre dans une pièce à part, elle a besoin de développer certains points avec nous. Visiblement notre récolte est loin d’être assez bonne pour être annoncée en public.

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FIV 1 : la stimulation.

Janvier 2020 a pointé son nez et avec lui le début de la FIV DPI 1 tant attendue !

J’ai lu tous les forums des internets, mis à jour mes connaissances sur les gygys, les brybrys et les pics pics !

Plus sérieusement, j’ai lu et relu mon protocole un milliard de fois, regardé les effets indésirables des traitements les plus fréquents, stocké religieusement mes traitements au frigo.

J’ai cousu des paniers et des pochettes pour que la présence de tout ce matériel médical soit la plus « esthétique » et discrète possible dans mon quotidien.

J’ai misé sur les comprimés de « Conceptio » en me disant que pourquoi pas, j’ai quasi réduit ma consommation alcoolique (et découvert la bière sans alcool), j’ai mangé plus sainement que d’habitude.

Je me suis dit qu’il fallait que je sois la plus détendue que possible pour donner toutes ses chances à cette FIV, alors, forcément, je me suis mise une pression de dingue pour arriver à cet état de détente.

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Dr FIV

Dr FIV s’installe en libéral deux semaines avant le début de la stimulation de notre FIV 1.

Je ne sais pas du tout à quoi m’attendre après le dernier rendez-vous foireux et sans humanité de mon précédent gynéco.

J’ai peur de me faire engueuler, peur pour cette première stimulation dans laquelle je m’investis tant.

Le premier contact avec le secrétariat me semble irréel : une plage horaire pour les échos de monitorage PMA est prévue avant les consultations (gros ventres et ventres vides ne se croisent donc pas en salle d’attente), des infirmiers libéraux sont présents sur ces horaires « parce que c’est déjà bien assez difficile pour vous, on ne va pas en plus vous faire courir jusqu’au labo pour la prise de sang », l’attente est réduite.

La Dr FIV est présente les samedis matin pour des échos si besoin, quand elle est absente la prise en soin est transférée vers un confrère de confiance…

Tout est fait pour alléger le suivi si prenant de la stimulation, tout est douceur et simplicité.

Tout est pensé, probablement pour panser ces blessures vives que nous portons toutes.

Pendant ces quelques semaines je n’ai pas l’impression d’être noyée dans une patientèle, j’existe et la Dr FIV semble investie dans notre fabrication d’un petit être éprouvette. Elle attend des nouvelles, insuffle du courage en fin de parcours.

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Dr Contraception.

23 ans. Je déménage et choisis à nouveau un gynéco au hasard, le plus proche de chez moi.

Il est très à l’écoute en terme de contraception, m’informe et me pose sans soucis un implant. Il m’en posera deux puis un stérilet au cuivre en 7 ans. Il se montre à l’écoute de l’évolution de mon corps et de mes besoins.

C’est aussi un adepte du « on enlève le haut et le bas » et il me faudra attendre le deuxième rendez-vous pour trouver le courage de garder le haut, le temps de l’examen gynéco. Une seule réaction de sa part : « comme vous voulez si vous êtes pudique, c’est juste que c’est plus rapide! ».

Je lui parle de mon parcours DPI, le sollicite pour la prescription des examens (sérologies, spermogramme etc.) nécessaires pour déposer un dossier.

Il s’occupe de tout et m’assure suivre régulièrement des patientes en parcours PMA. Il me dit avoir l’habitude (et c’est vrai, je sais qu’il accompagne beaucoup de couples homosexuels dans des parcours à l’étranger). Je suis rassurée.

A chaque nouveau rendez-vous, j’ai pourtant l’impression qu’il me découvre ainsi que mon histoire. Je me dis qu’il a beaucoup de patientes.

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Dr Connasse.

Dr Connasse (ne mâchons pas nos mots).

J’ai 20 ans et je souhaite une contraception. Je me décide à aller chez le gynéco à reculons et choisis une spécialiste au hasard dans l’annuaire. Je me sens rassurée par le fait que ce soit une femme.

Dans mon souvenir elle me parle peu, me dit rapidement qu’elle doit m’examiner. Chez elle, « on enlève le haut et le bas » ou plutôt « on se retrouve coincée pour une durée indéterminée nue sur une table d’examen, les pieds dans les étriers et un spéculum dans le vagin ».

Évidemment, elle me fait un frottis (rappel : le frottis est utile dans le cadre du dépistage du cancer du col de l’utérus, recommandé à partir de 25 ans et tous les 3 ans).

Bien-sûr je me sens mal à l’aise au cours de l’examen, mais je me dis que c’est normal. C’est ça le gygy, c’est pour ça que les femmes y vont à reculons.

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Patience et DPI.

Je me souviens du jour où j’ai appris que j’étais porteuse d’une maladie génétique. Je devais avoir une douzaine d’années.

Je savais que j’avais eu des ennuis de santé dans la petite enfance et un suivi médical plus appuyé que la moyenne. Quelques stigmates sur ma peau sont là pour me rappeler cette période.

Je n’ai pas le souvenir de m’être beaucoup questionnée sur ce que ça impliquait pour moi. Je ne me suis jamais sentie malade et j’ai vite compris la notion de porteuse saine.

Porteuse saine. Quelle idée terrible. Car si j’ai la chance d’être très peu impactée par cet infime changement chromosomique, ce n’est pas le cas de tout le monde.

Savoir et prendre le risque. Jouer à la roulette russe.

A  12 ans, cette idée m’a pétrifiée.

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